Soutenir les filles dans la technologie grâce à While She is True
Un après-midi pluvieux à Calgary. Sept préadolescentes sont rassemblées autour d’ordinateurs portables et de tablettes dans l’une des salles de réunion de la bibliothèque municipale. L’ambiance est animée, les filles sont concentrées; leurs écrans sont remplis de graphiques aux couleurs vives.
Des accros des réseaux sociaux? Des passionnées de jeux vidéo? Ou simplement des enfants attendant que la pluie cesse?
Rien de tout cela! Ces filles sont des codeuses.
Grâce à l’équipe de bénévoles de While She is True, un organisme canadien sans but lucratif qui se consacre à « éduquer, outiller et encourager les jeunes filles à explorer et à poursuivre des carrières dans le secteur de la technologie », des filles âgées de 8 à 15 ans perfectionnent leur savoir-faire dans tout le pays.
À la tête de cette initiative se trouve Ebunoluwa (Ebun) Makinde, étudiante en maîtrise informatique à l’Université de Calgary. C’est son propre parcours, marqué par le fait d’avoir souvent été l’une des rares filles en classe durant ses années de secondaire, qui l’a inspirée à créer While She is True.
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Photo : Ebun, fondatrice de While She is True, donnant des instructions pratiques à deux élèves.
Répondre à la question : « Est-ce vraiment ma place? »
La famille d’Ebun a quitté le Nigeria pour s’installer au Canada en 2018. Lorsqu’elle a entamé sa 10e année à Winnipeg cette année-là, son père l’a encouragée à choisir l’informatique comme option… une idée qui, avoue-t-elle, l’enchantait peu au départ. Pourtant, elle a vite été intriguée par l’envergure et la créativité des projets de classe. Mais étant l’une des rares filles dans une classe de 30 élèves, une question la taraudait : « Suis-je vraiment à la bonne place? »
Arrivée en 11e année, ses résumés de cours d’informatique partagés à l’heure du souper avaient visiblement captivé sa jeune sœur, qui s’était mise à coder des jeux en se basant sur ce qu’elle apprenait à l’école.
« J’étais ravie de voir qu’elle et ses amies s’y intéressaient, mais les cours de codage payants n’étaient pas une option pour elles », explique Ebun. « J’ai donc décidé de lancer un club après l’école pour enseigner les bases de la programmation à quelques filles de ma communauté. »
Cette première expérience d’enseignement a été brutalement interrompue par les confinements de la COVID-19, mais Ebun ne s’est pas laissé décourager! Au contraire, un cours d’introduction à l’entrepreneuriat suivi durant ses études en informatique a suffi à raviver sa passion.
« Ce cours m’a donné confiance en mes capacités, et c’est là que j’ai décidé de lancer mon propre organisme sans but lucratif, pour reprendre le projet là où je l’avais laissé », raconte Ebun.
C’est ainsi qu’en 2022, tout en jonglant avec ses cours à temps plein, Ebun a officiellement fondé While She is True.
Photo : Ebun en 2021, travaillant dur au début de son baccalauréat en informatique.
Passer le mot et bâtir l’équipe
Au début, tout reposait sur le bouche-à-oreille : sa sœur qui recrutait ses amies, sa mère qui encourageait d’autres familles à y faire participer leurs filles, ou Ebun qui sollicitait ses propres contacts... la nouvelle s’est vite répandue. Et très vite, ce sont les participantes et leurs parents qui ont commencé à recommander le programme à leur entourage.
La constitution de l’équipe a elle aussi été un effort communautaire : Ebun a recruté la plupart de ses bénévoles (principalement des étudiants de premier cycle en informatique, mais aussi en commerce, en éducation, en génie électrique et même des élèves du secondaire!) simplement en affichant des annonces sur le campus.
Trois ans plus tard, une équipe de plus de 20 bénévoles offre des cours gratuits en personne à Winnipeg et à Calgary, ainsi que des cours en ligne accessibles aux filles dans l’ensemble du Canada, et même à quelques étudiantes aux États-Unis.
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Photo : Un moment d’échange pour les élèves de While She Is True, tout en développant leurs compétences en classe.
Explorer le vaste univers du codage
« Comme je suis moi-même encore aux études pour ma maîtrise, ce que j’apprends est très frais, ce qui influence directement notre programme. On commence par Scratch, puis on progresse vers des concepts plus avancés », explique Ebun. « Je fais aussi beaucoup de recherches sur ce que les cours payants et d’autres organismes similaires enseignent, au Canada et ailleurs, afin d’adapter notre contenu. »
Ebun souligne avec enthousiasme que le programme est, pour l’essentiel,
façonné par les élèves elles-mêmes.« Les filles viennent nous voir et nous disent ce qu’elles veulent apprendre! Beaucoupd’entre elles rêvent de coder des jeux vidéo, alors nous élaborons un programme pour les aider à le faire. D’autres ont demandé à apprendre le développement Web; c’est un objectif que nous visons pour l’année prochaine. »
Pour garantir la qualité de l’enseignement, While She is True maintient un ratio enseignant-élève de 1 pour 7 pour les plus jeunes et les cours en ligne, et de 1 pour 10 pour les plus âgées en présentiel. C’est un équilibre jugé essentiel étant donné la complexité technique des sujets abordés.
Photo : Une instructrice de While She Is True expliquant les boucles de programmation (code loops) aux élèves.
Planifier la croissance
While She is True a récemment investi les réseaux sociaux pour faire connaître sa mission, recruter des élèves et attirer des bénévoles… et la stratégie fonctionne! Les listes d’attente s’allongent, le principal frein étant actuellement la disponibilité de l’équipe bénévole (l’engagement demande environ deux heures par semaine, le soir ou les fins de semaine).
L’été dernier, l’organisme a commencé à embaucher du personnel (bien que temporaire!) : grâce au programme Emplois d’été Canada, Ebun a pu compter sur deux employés rémunérés pour l’aider durant la saison estivale.
« Pour le reste, nous avons remporté la majorité de notre financement par le biais de concours de présentation de projets », explique-t-elle. « Nous tenons aussi à remercier Tech Manitoba pour son soutien financier, ainsi que les donateurs privés pour leur générosité. »
L’implication de Payworks
Parmi ces donateurs : Payworks, honorée d’avoir fourni à While She is True 30 ordinateurs portables reconditionnés en décembre. Les étudiantes doivent normalement apporter leur propre équipement, ce qui complique l’apprentissage, car certaines ont des ordinateurs portables, d’autres des tablettes… et certaines n’ont rien du tout, ce qui oblige à travailler en équipe.
« Toute l’équipe est infiniment reconnaissante envers Payworks pour ce don », confie Ebun. « Ces ordinateurs portables nous permettent de mettre toutes les filles sur un pied d’égalité, rendant l’enseignement beaucoup plus fluide et efficace pour nos bénévoles. »
Photo : Maureen Kinnear, directrice de la technologie, remet à Ebun l’un des 30 ordinateurs portables fournis par Payworks.
« Ce qu’Ebun a bâti de toutes pièces avec While She is True incarne parfaitement cette innovation portée par la passion, celle qui est le moteur de changements essentiels », déclare Barb Gamey, cofondatrice de Payworks. « C’est un honneur pour nous de soutenir While She is True. Leur mission d’inclusion est non seulement admirable, elle nourrit une nouvelle génération de leaders technologiques qui apporteront des perspectives uniques pour rendre notre monde meilleur. »
Notre équipe s’est aussi impliquée directement dans le programme! Notre propre cheffe de la technologie, Maureen Kinnear, a apporté d’autres ordinateurs portables au camp d’été de codage de While She is True en août 2025. Elle en a profité pour partager son parcours professionnel et offrir ses conseils pour l’avenir.
« Ces filles m’ont inspirée; j’ai été touchée par le talent et la créativité qui régnaient dans la salle », confie Maureen. « Je tiens à leur dire : l’avenir de la technologie a besoin de vous. Prenez la parole. Faites-vous entendre. Votre point de vue est essentiel. Vos idées comptent, vos questions sont précieuses, et votre approche pour résoudre les problèmes est unique et nécessaire. »
Ebun partage entièrement cet avis.
« Un monde diversifié a besoin d’une population diversifiée pour concevoir les solutions à ses problèmes », affirme-t-elle. « Je le constate tous les jours dans les idées qui émergent durant nos cours. Elles ont beaucoup d’idées auxquelles je n’aurais jamais pensé, et qui ne sont clairement pas reflétées dans les technologies actuelles. Pour que la technologie sur laquelle repose notre société soit réellement inclusive, nous avons besoin que les idées de tout le monde soient représentées. »
Photo : Maureen discutant avec une élève de While She is True au siège social de Payworks.
Comment vous pouvez aider (et pourquoi!)
Ebun constate une évolution positive vers la parité dans le monde de la technologie (elle déclare : « Je suis assistante à l’enseignement, et je vois plus de femmes en classe aujourd’hui que lorsque j’ai commencé mon baccalauréat il y a quelques années! »), mais il reste encore beaucoup à faire. Elle se sent plus connectée que jamais à sa mission.
« Une jeune fille du programme faisait partie d’un club de codage à son école, mais elle s’y sentait très isolée », se souvient Ebun. « Elle nous a confié que c’était la première fois, grâce aux cours de While She is True, qu’elle se sentait incluse dans un environnement technologique. Une autre participante nous a dit que grâce à ce programme, elle osait rêver plus grand : elle pensait se diriger vers le génie biomédical, mais elle envisage maintenant le génie aérospatial, un parcours encore plus exigeant. »
Que manque-t-il à Ebun pour inspirer encore plus de jeunes esprits?
« Des dons et des bénévoles! » répond-elle en riant. « Si nous pouvions embaucher du personnel administratif, cela me permettrait de me concentrer sur la programmation. Ce serait une aide inestimable. Et côté bénévolat, nous aimerions impliquer davantage de mentors issus du secteur de la technologie, ou même potentiellement offrir des stages à mesure que les filles grandissent. »
Ebun voit le futur d’un œil optimiste, surtout en repensant au Hackathon de l’été dernier et à ses élèves. « Elles s’attaquaient à des problèmes concrets du monde réel, avec des idées directement inspirées de leurs propres passions », raconte Ebun. Un exemple marquant : un logiciel traduisant la langue des signes américaine en anglais, développé de zéro par une étudiante grâce aux compétences acquises durant l’été. « Nos juges du secteur ont été impressionnés. Nous avons entendu plus d’une fois : “Vous devriez présenter cette idée pour obtenir du financement de démarrage!”. »
« L’urgence se fait sentir. Devant tout ce potentiel, nous voulons nous développer pour aider encore plus de filles à donner vie à leurs idées.
Photo : Un cours à Winnipeg.
Si vous souhaitez faire un don ou devenir bénévole pour While She is True, rendez-vous sur leur site Web (en anglais seulement) : https://www.whilesheistrue.org/
Ces articles sont produits par Payworks à titre informatif. Ils ne tiennent pas lieu de conseils professionnels juridiques, réglementaires, fiscaux ou financiers. Les lecteurs doivent se fier à leurs propres conseillers pour obtenir de tels conseils.
« Les filles viennent nous voir et nous disent ce qu’elles veulent apprendre! Beaucoupd’entre elles rêvent de coder des jeux vidéo, alors nous élaborons un programme pour les aider à le faire. D’autres ont demandé à apprendre le développement Web; c’est un objectif que nous visons pour l’année prochaine. ».jpg?width=779&height=584&name=12292025_WhileSheIsTrue_edit%20(2).jpg)
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« Des dons et des bénévoles! » répond-elle en riant. « Si nous pouvions embaucher du personnel administratif, cela me permettrait de me concentrer sur la programmation. Ce serait une aide inestimable. Et côté bénévolat, nous aimerions impliquer davantage de mentors issus du secteur de la technologie, ou même potentiellement offrir des stages à mesure que les filles grandissent. »
